lundi 14 avril 2014

In Situ.

Il faut revenir sur les expériences de danse récentes, deux performances dans deux lieux de la ville de La Rochelle, le cloître des dames blanches et l'extérieur de La Sirène, scène de musique actuelle. Je tiens à y revenir parce que c'était bougrement intéressant dites donc. Comment faire vivre ces lieux autrement, comment s'en servir pour interroger la danse.
C'est avec Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours qu'on a mis en place ces évènements. 
Je leur adresse un merci pour leur investissement, leur exigence et leur sincérité. Longue vie à la compagnie Sine Qua Non Art
Cet aparté rempli d'amour étant fait, abordons brièvement cette notion de performance. Il s'agit de faire exister, dans un espace et un temps donnés, un évènement donné, d'où émerge l'oeuvre, aussi éphémère soit-elle. 
J'ai été interpelée par cette remarque quelques jours après: "avez vous seulement imaginé que le public pouvait être dérangé, gêné par vos actions?". Certains d'entre nous se sont retrouvés en sous vêtements pour quelques minutes, nous avons utilisé comme matières le souffle et la voix, nous avons emprunté aux gargouilles leurs postures et leurs grimaces, par exemple. Je réponds qu'en aucun cas la performance ne cherche à ménager le public (et encore, ici on est restés très chastes, cloître et cadre du conservatoire obligent). Elle propose autre chose que l'habitude, l'anecdotique, le confort, la passivité. Encore une fois, le tout cuit pré mâché pré digéré, c'est sur TF1 ou à la Coursive (Allez, ça continue de balancer!) 
"Toute création véritable ne doit-elle pas chercher à se provoquer elle-même, en dérangeant le règne des habitudes et du divertissement? Comment l'art serait-il, sinon, inventeur de formes?" (Jean-Marc Adolphe dans l'éditorial du dernier numéro de Mouvement.)

Ce qui est intéressant dans la performance, c'est d'interroger la notion de représentation publique hors de l'écrin qu'est la salle de théâtre. On ne danse pas sur scène comme on danse dans la rue, la démarche n'est pas la même, on ne vient pas voir un spectacle comme on s'attarde sur une performance dans la rue. Toute l'idée de consommation, d'habitude est basculée et c'est là que ça devient beau. Sortez des habitudes. Eteignez la télé, ne regardez pas votre montre, levez le nez de vos pâtes réchauffées au micro ondes, elles ont l'air infectes personne ne vous les mangera, sous vos yeux des gens vous emportent ailleurs, là où ça fait mal, ça s'insurge, ça vit, ou ça poétise tout simplement, je ne sais pas moi. Les réactions sont diverses et toutes bonnes à analyser. Qu'on me prenne pour une folle, moi, j'adore ça. Je me sens tellement moins dingo que ceux qui m'accusent de l'être dans ce genre de moment! 
Qu'il subjugue ou dérange, l'art serre toujours à quelque chose. 

J'ajoute un petit mot sur Steven Cohen, que j'admire pas mal, actuellement jugé pour exhibitionnisme, pour sa performance au Trocadéro avec son ami coq qui ne portait pas de slip, le coq, symbole d'une France vigoureuse, devant la tour Eiffel, le mec avait des trucs à dire je crois. Allez, je veux bien admettre que c'est un peu choquant, un coq à plumes à poil. 
Je salue sa folie douce: "Je ne désire pas que les gens désirent ce que je fais. (...) Faire de l'art est devenu mon métier et a cessé de signifier un risque, de faire aventure. En aucun cas je ne dois faire de l'art comme on exerce un métier." (Steven Cohen interviewé dans le dernier Mouvement)

De ces semaines à évoluer dans les graviers est restée une trace (pas uniquement de terre!), celle d'un travail efficace qui laisse des tas de questions à creuser pour avancer. Prendre un an en deux semaines, parfois il suffit de peu de choses! (Encore merci les garçons)


Photo de Pierre-Loup Martin, avec le dernier né parmi ses sténopés. 
  

mercredi 2 avril 2014

Push to move.



Jette ta télé par la fenêtre. 
Critique ce qu'on te propose. 
Prends des partis. 
Sois spontané.  
Coupe ta tignasse.
Respire l'air pollué de ce printemps.
Montre toi déshabillé sans raison.
Fais. 
Repousse pour avancer. 



                                                                                                  Niña.