Il y a dans mes alentours des esprits aimants qui apposent entre mes sourcils froncés un doigt apaisant quand je ne trouve ni le sommeil ni le calme. L'impatience et la flemmingite aiguë ne font pas bon ménage sous ma cage thoracique cet été. Finalement j'irai à Istres le 29 septembre après deux mois et demi d'attente d'une réponse qui ne m'avance pas tellement plus.
Pour contrer l'ennui, j'ai filé doux vers la Vendée avec chat et compagnon. Chacun a profité du bon air frais et de la bonne pitance servie par Mamie. Chacun revient plus dodu, tous trois enrobés d'une petite couche de provisions pour l'hiver.
La réflexion estivale est la suivante: Les vacanciers aoutiens se font-ils lobotomiser avant de partir en congé ou est ce que leur lenteur à la détente est congénitale? Parce que loin de moi l'idée de me plaindre ou de dire de mauvaises choses sur mon prochain mais quand même un peu.
J'ai d'abord songé à une théorie selon laquelle le travailleur acharné, enfin délesté de ses impératifs, se retrouve totalement exalté en vacances et perd toute notion de savoir vivre dès la tente 3 secondes installée. Ainsi déambule-t-il au beau milieu de la piste cyclable en tongs avec sa femme et ses trois enfants, démuni de ses 5 sens (sauf peut-être le goût et l'odorat si l'on en croit son tour de bide) avec comme seule philosophie "y a pas l'feu au laaaaaaac...".
Mais une autre théorie, plus tragique et plus inquiétante, semble être plus plausible. Selon moi quiconque ose stationner en groupe à un carrefour sur la piste cyclable et te beugler des "ah là ça va pas l'faire" quand tu tentes de les contourner pour suivre ton chemin, a un soucis répandu de nos jours: le fait de se croire seul au monde. Comme j'aimerais être seule au monde par moments moi aussi croyez moi! De plus, une réaction systématique provoque chez moi un mélange d'amusement et de désolation: le réflexe vil de tout mettre sur le dos de ses propres gamins! le même schéma de situation se répète tous les 50 mètres, toujours sur la piste cyclable: (oui, je vous l'ai dit je n'ai pas fait grand chose de mon mois d'aout) Une famille est à la queue leu leu à vélo, occupant une largeur de la piste aléatoire variant de gauche au milieu et rarement à droite, et lorsqu'avec mon bon coup de pédale je les double aisément même en 1ère même avec un vélo qui a 3 fois mon âge, les parents jactent aux enfants "attention, roule à droite!" Faire porter le chapeau à ses gosses avec des "fais ce que je dis, pas ce que je fais" c'est moyen moyen. Je suppose que ceux là sont les même qui marchent tout droit dans la rue sans jamais dévier de leur trajectoire. Je m'amuse à faire ça parfois, agacée de devoir zigzaguer entre la foule ahurie d'individualistes: je marche tout droit, comme ils le font en face, on se rentre dedans, ils ne s'en rendent pas compte, ne s'excusent pas, restent abrutis dans leur existence d'imbéciles heureux.
Les plus forts sont ceux qui ferment les yeux et ne respectent rien. Ils gagnent par leur bêtise.
Tant pis, moi je les garde ouverts, ça laisse la place à ce mot amusant qu'est l'émerveillement. Il ressemble à fourmillement, donc aux étoiles.
Je lis un roman en espagnol, plus pour le plaisir que pour m'inventer une vie, vraiment. Il accompagne mon été. Si je le termine, il ne se passera plus grand chose...