vendredi 18 octobre 2013

Eloge de la lenteur.








Il y avait dans une histoire qu'on me racontait quand j'étais petite cette injonction: "ne pas confondre vitesse et précipitation". Peut-être est-ce ce qui a jusqu'à présent influencé mon côté tranquille à tendance flemmarde. Je ne sais pas. En tout cas, j'applique à mes agissements quotidiens ce conseil avisé. Dans la vitesse, je n'ai aucun contrôle et ne fais que des bourdes. J'ai eu cette conversation récemment avec l'amie Amoretti et me suis tout à coup sentie beaucoup moins seule. Alors, je prends mon temps, n'accélère le pas qu'en cas d'urgence. Je ne travaille bien que dans l'urgence. Je ne sais pas si ça va changer un jour. 
Je me délecte dans la lenteur, où la vie qui se déroule est observable, où un temps conséquent peut être accordé à l'écoute de sensations. Dans ma danse il n'y a pas de rapidité, seulement de vagues et rares accents... qui n'en sont en fait pas. Je suis tombée dans l'extrêmement lent étant petite, c'est Christine Gérard qui me l'avait fait remarquer en ces termes. Je cultive cette capacité mais travaille dur à savoir accélérer. (Ca commence à venir d'ailleurs. Au point que je ne me reconnais plus!)
Tout va si vite, dans une époque remplie d'impatients, de gens pressés, angoissés qu'on leur pique leur place. Mais quelle place? 

Prendre le temps d'intégrer les choses, c'est le débat du moment: la qualité plus que la quantité. 
Je pédale lentement jusqu'à chez moi, effectuant pour moi-même un petit débrief de la journée, me pose dans un bain avec une bière, et tout baigne, y a pas le feu au laaaaac...

Pour rendre l'article cocasse, j'ai même envie d'ajouter une citation hautement littéraire tirée du Cinquième Elément, revu dernièrement pour la... 31ème fois? 
=> "Le temps n'a pas d'importance, seule la vie est importante." Et ouais. 

mercredi 2 octobre 2013

Les sangliers sont lâchés...

  Le passe-murailles entouré de solides barricades que je suis se surprend ces derniers temps à être perméable aux éléments extérieurs. Je passe du coq à l'âne, mes émotions vacillent au fil des bonnes et des mauvaises expériences. De contrariétés en réjouissances, mon coeur fait d'incessants hauts et bas et je ne comprends pas ce qui m'arrive. C'est la pratique de la danse qui me révèle peu à peu cette nature sensible.

  J'ai soumis dernièrement mon expérience d'apprentie danseuse au regard d'un jury et, sans m'y attendre, ai eu d'excellents retours. Ce n'est pas grand chose mais ça m'a chamboulée. J'avais besoin de l'entendre, ce "Vous avez des capacités Ceriani, maintenant bougez vous le c**!!!"

  C'est si dur d'oser entreprendre un parcours hors des sentiers balisés, j'ai découvert il y a deux jours à quel point j'avais peur de me confronter au fait qu'il me fallait mettre les  bouchées quadruples pour prétendre à quelque chose. J'attends que les choses se passent en jurant "j'y arriverai puisque c'est ça que je veux faire". Et ça ne suffit pas. Alors, au travail!

  Je pense aux artistes et artisans qui choisissent de vivre d'un métier de vocation et songe qu'ils sont des êtres exceptionnels. Le fait de se diriger vers les choses qu'on aime est un acte qui relève du courage, voilà ce qui sépare ces gens là du troupeau.
Pour ceux que cela concerne (et il se trouve que j'en côtoie beaucoup):
 N'y songez pas trop, pour rester humbles, mais sachez le.