Que s'est-il passé durant cet hiver (bientôt finissant!) du sud de la France? Rien qui mérite franchement qu'on épilogue mais je vais quand même raconter deux trois trucs, maintenant que j'ai ce blog il faut que j'assume.
Nous portons, les danseurs de Coline et moi-même, la pièce d'Angels Margarit, Palimpseste, notre première création, que nous avons dansé deux fois devant un public et que nous présentons à nouveau dans peu de temps à Marseille. J'ai aimé travailler avec Angels, si gentille, maintenant j'aime porter son travail.
Ma carcasse flemmarde est mise à l'épreuve par seize semaines de travail continu (prochaines vacances dans six semaines) et je ne m'étais pas rendu compte que j'étais fatiguée. Pris de vertiges et éreinté par un mal de dos têtu, mon corps ni petit ni grand d'1m61 a dit "calmos populos" il y a de ça quelques semaines. 10 jours avec Urs Stauffer, dans un mélange de contact impro et de Body mind centering, ont remis les choses à plat. Limitée dans mes mouvements, j'ai fait ce que j'ai pu avec ce que j'avais et ainsi, en travaillant de façon minimaliste mais en profondeur, j'ai eu l'impression, de jour en jour, d'enlever une combinaison pour trouver un nouveau corps en dessous. Maintenant que ça va mieux, je suis décontenancée de danser dans ce corps presque étranger!
Quoi d'autre? Je fais du pain, je tricote un pull vert (non, c'est ni bleu ni vert, c'est "Pinède", m'a dit très serieusement la vendeuse de chez Phildar. Je me demande si sa mère est couleur pinède à celle là), je constate une fois de plus dans ma vie que mon esprit grégaire est très limité...
Lauriane, ma belle soeur qui est surtout ma cousine est venue chez nous il y a peu et nous a demandé, entre un débarassage de table est un croc en loucedé dans du chocolat si nous avions des envies à réaliser dans nos vies. Outre l'envie commune de navigation qui nous anime Pierre-Loup et moi, j'ai répondu sans hésiter que j'adorerais jouer du saxophone. Le week-end finissant, ce bout de conversation tournait en boucle dans ma tête avec la conviction nette qu'il n'y avait aucune raison qui m'empêchait de passer à l'acte dans les délais les plus brefs. Suite au prochain article ... :)
Dans cette vie incertaine en fait je n'ai aucune envie d'être raisonnable. Enfin, pas pour tout. ça commence à se savoir que je suis psychopathe sur les bords et même à l'interieur.
Je dis que mon esprit grégaire est limité, je peux dire aussi que la stupidité ne m'agace pas tant qu'elle me fait sourire, mais me désole. C'est l'émotion qui l'emporte systématiquement sur le reste, je pense à tous les gens rebaptisés Charlie en ce début d'année... Pleurer dans les chaumières doit déculpabiliser de je ne sais trop quoi il faut croire. Personnellement je n'avais pas besoin de ces évènements pour savoir que ça ne tourne pas rond dans cette humanité de fous furieux. Et d'autres sujets me révoltent d'avantage.
J'ai tendance à vivre sur un nuage istréen, dansant chaque jour, égoïstement. Mais je ne suis pas insensible ou naïve face à une réalité ahurissante: l'air que je respire ici est dégueulasse, par exemple. Et je me moque ouvertement de quiconque se contente de croire qu'un soleil éclatant garantit que tout va bien dans le meilleur des mondes.




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