samedi 22 février 2014

Si t'es toujours à loilpé, comment je fais moi, pour te déshabiller?

Je ne suis pas l'actualité. Je me garde une place au chaud loin de ce que racontent les médias. Parce que ça pue, ça fouette et ça sent pas bon. Pourtant je voulais faire ça, comme métier, avant, journaliste. Mais bon. En fait plus du tout.
J'ai vent de ci de là d'évènements navrants qui concernent le domaine de la culture, cette histoire avec Claude Ponti, et le petit brassage d'air du FN contre Tragédie d'Olivier Dubois. Le problème de ces gens là: la nudité. Ces gens qui en dépit d'idées un peu rétrécies sur le monde qui les entoure, appartiennent au genre humain et possèdent sous leur vêtements, je suppose, un corps, avec de la peau, des poils, des fesses, allez je ne vais pas vous faire un dessin. Les mots du chorégraphe: «C’est toujours triste de voir quelqu’un s’accaparer la culture pour soutenir un propos». Voilà. Des prétextes, toujours des prétextes, ils en ont besoin. 
Ce qui m'interpèle, c'est qu'il n'y a pas que dans le discours des extrémistes que j'entends parler du nu avec dégoût. Si cela m'étonne, c'est parce que je suis une grande pudique, malhabile à se dévoiler, mais qui n'a aucune sorte de gêne face à la nudité des autres. La dimension taboue de la nudité est culturelle. Un corps nu n'est pas forcément un corps érotique! Il est la réalité, ce que nous sommes dans la plus grande simplicité. 

J'ai beaucoup aimé Tragédie. Tout y concorde à clouer le spectateur à son siège, la musique, les lumières, une structure chorégraphique impressionnante de précision et la force d'interprétation des 18 danseurs. J'ai compris deux jours après le spectacle ce qui porte à mon goût une pièce au dessus des autres: c'est lorsque tous les danseurs ont ce qu'on appelle de la présence. 




mardi 11 février 2014

Misanthropie à part






Nous sommes trop d'êtres humains sur cette terre pour pouvoir tous s'entendre. C'est comme ça. Mais venir, gratuitement, dire à ceux qu'on apprécie moins qu'on les apprécie moins, c'est ce qu'on appelle, par extension, la guerre. Je laisse délibérément les imbéciles heureux à leur sort parce que (comme le stipule souvent ma chère Juliette à juste titre) je ne suis pas assistante sociale. Ces mêmes imbéciles heureux appellent ça de l'hypocrisie, j'appelle ça du bon sens et du savoir vivre.
Aujourd'hui j'ai été pour la première fois cible de violence verbale, un vomissement sans queue ni tête d'insultes, un flot ininterrompu d'horreurs langagières. Et je n'ai pas su garder mon sang froid, fallait il rester impassible?
ce n'est pas la première fois qu'on me traite d'hypocrite. Mes amitiés sont toujours fusionnelles, on m'a à chaque fois reproché de me mettre en marge du groupe pour donner l'exclusivité à mes amies.
Pourquoi? Par jalousie? Par incompréhension? Un peu de réflexion, vous savez faire, histoire de calmer la parano? J'en ai marre de devoir systématiquement m'adapter à des situations toujours plus grotesques les unes que les autres. ça peut être plus simple, les choses, la vie, beaucoup plus simple. Chacun son nombril, son potager à la Candide et ¡Basta ya de charlar! (traduction: ça suffit les bavardages!)



(En arrière plan se forgent, encore et toujours, les fondations de mon courage. J'ai pédalé trois jours dans le brouillard le ventre à l'envers pour un animal à poils blancs dont je me sens responsable, que j'aime et  dont la souffrance m'a rendue dingo. Hopla est tombé malade, je prie pour sa guérison, qui a l'air en bonne voie. Je sais que les épreuves que la vie me met devant les pieds n'arrivent pas par hasard. J'aurais pu savoir prendre du recul, ce n'est qu'un animal... Mais...)



Je rêve d'un désert, un désert (rempli) d'amour, avec de bonnes âmes, de l'air et de l'eau fraîche.

dimanche 2 février 2014

Quand la musique est finie, éteins les lumières, éteins les lumières, éteins les lumières.

Ce cher Dominique Bagouet est un peu un leit motiv dans mon expérience dansante. J'ai démarré la danse avec Yveline Lesueur, adoré une transmission rapide de So Schnell par Dominque Jégou au lycée, repris des extraits de Parcelles de ciel (Susan Buirge) avec Sylvie Giron à la fac de Nice, dansé le duo de Désert d'Amour l'an passé et cette semaine, remonté Jours Etranges avec Catherine Legrand. Des expériences beaucoup appréciées et fondatrices de ma corporéité actuelle (pardon pour les termes qui s'inventent une vie, je lis du Michel Bernard en ce moment, ça déteint)
Qu'on ne s'étonne donc pas trop que j'affectionne à ce point l'oeuvre et la gestuelle de ce chorégraphe. Les gens cités plus haut ont su transmettre leur passion, je ne sais pas bien comment dire tout ça... de belles rencontres et d'excellents souvenirs. Tout ça m'a marqué quoi.

Jours Etranges, une pièce de 1990, a mon âge à une année près. J'ai trouvé ça amusant quand je m'en suis rendue compte. Danser une pièce crée pour d'autres, à une autre époque, questionne le sujet de l'interprétation, bien sûr, mais sous un angle particulier. Comment être juste sans imiter? Il se trouve que les thématiques abordées, qui sont (pour résumer) celles de l'adolescence, sont accessibles, on y a tous plus ou moins trouvé notre compte. Pas de grande difficulté, si ce n'est dans la compréhension de ce qui est en jeu à tel ou tel moment, et trouver le juste équilibre entre exécution précise de la gestuelle et jubilation (je trouve tout ça très marrant à danser et on se fait transporter par la musique des Doors). Oui, parce que je ne l'ai pas encore précisé, mais la bande son est constituée de morceaux de l'album Strange Days. Ce qui est un véritable kiff du début à la fin.

Un des passages tourne autour de l'idée d'obsession. Il a fallu créer un petit solo autour de ça, c'est à dire trouver un sujet d'obsession et le traduire en danse. Fallait-il aller chercher un sujet poignant de type MOMENT EMOTION et se mettre les tripes à l'air dans un combat avec nos propres démons? De manière générale, je choisis de ne pas utiliser la création chorégraphique comme thérapie. La danse m'aide beaucoup à soigner diverses angoisses que je peux avoir, elles se dissipent d'année en année, mais elle fait ça toute seule, ce n'est pas moi qui vais volontairement chercher au fin fond de mes tripes et mes gonades l'origine de mes maux pour les livrer en pâture au public. Ainsi j'ai choisi d'exposer implicitement mon obsession du moment: les essayages costumes. ça va, avec ça je ne risque pas de tomber en syncope durant une répétition. Mais vraiment ça me prend la tête, j'en ai encore rêvé cette nuit. On pouvait aussi parler de la manie des coups de fouet ou de paperasse de sécurité sociale, ça ne sort pas du cadre. D'autres auraient pu traiter de leur conjonctivite onsaitpasquoidetypepathologie virale (en esquissant une danse des croûtes jaunes et vertes) ou de leur quête de construction d'un planeur dans 9m2, tout était plus ou moins possible.
Tout ça pour dire qu'on s'est bien marré.

Ceci étant fait, maintenant il faut venir le samedi 22 mars à Verdière, ça vaut le coup d'oeil. Qu'on apprécie ou pas, c'est beau de voir une pièce continuer d'exister, 20 ans (et quelques...) plus tard, interprétée par de nouvelles têtes. C'est important de voir ce qui a existé dans le paysage chorégraphique, de voir ce que ça a pu ou non influencer... Il faut faire voyager son petit regard dans l'histoire, sinon c'est l'ennui assuré.




















So when the music's over, turn out the lights, turn out the lights, turn out the lights!!!