dimanche 2 février 2014

Quand la musique est finie, éteins les lumières, éteins les lumières, éteins les lumières.

Ce cher Dominique Bagouet est un peu un leit motiv dans mon expérience dansante. J'ai démarré la danse avec Yveline Lesueur, adoré une transmission rapide de So Schnell par Dominque Jégou au lycée, repris des extraits de Parcelles de ciel (Susan Buirge) avec Sylvie Giron à la fac de Nice, dansé le duo de Désert d'Amour l'an passé et cette semaine, remonté Jours Etranges avec Catherine Legrand. Des expériences beaucoup appréciées et fondatrices de ma corporéité actuelle (pardon pour les termes qui s'inventent une vie, je lis du Michel Bernard en ce moment, ça déteint)
Qu'on ne s'étonne donc pas trop que j'affectionne à ce point l'oeuvre et la gestuelle de ce chorégraphe. Les gens cités plus haut ont su transmettre leur passion, je ne sais pas bien comment dire tout ça... de belles rencontres et d'excellents souvenirs. Tout ça m'a marqué quoi.

Jours Etranges, une pièce de 1990, a mon âge à une année près. J'ai trouvé ça amusant quand je m'en suis rendue compte. Danser une pièce crée pour d'autres, à une autre époque, questionne le sujet de l'interprétation, bien sûr, mais sous un angle particulier. Comment être juste sans imiter? Il se trouve que les thématiques abordées, qui sont (pour résumer) celles de l'adolescence, sont accessibles, on y a tous plus ou moins trouvé notre compte. Pas de grande difficulté, si ce n'est dans la compréhension de ce qui est en jeu à tel ou tel moment, et trouver le juste équilibre entre exécution précise de la gestuelle et jubilation (je trouve tout ça très marrant à danser et on se fait transporter par la musique des Doors). Oui, parce que je ne l'ai pas encore précisé, mais la bande son est constituée de morceaux de l'album Strange Days. Ce qui est un véritable kiff du début à la fin.

Un des passages tourne autour de l'idée d'obsession. Il a fallu créer un petit solo autour de ça, c'est à dire trouver un sujet d'obsession et le traduire en danse. Fallait-il aller chercher un sujet poignant de type MOMENT EMOTION et se mettre les tripes à l'air dans un combat avec nos propres démons? De manière générale, je choisis de ne pas utiliser la création chorégraphique comme thérapie. La danse m'aide beaucoup à soigner diverses angoisses que je peux avoir, elles se dissipent d'année en année, mais elle fait ça toute seule, ce n'est pas moi qui vais volontairement chercher au fin fond de mes tripes et mes gonades l'origine de mes maux pour les livrer en pâture au public. Ainsi j'ai choisi d'exposer implicitement mon obsession du moment: les essayages costumes. ça va, avec ça je ne risque pas de tomber en syncope durant une répétition. Mais vraiment ça me prend la tête, j'en ai encore rêvé cette nuit. On pouvait aussi parler de la manie des coups de fouet ou de paperasse de sécurité sociale, ça ne sort pas du cadre. D'autres auraient pu traiter de leur conjonctivite onsaitpasquoidetypepathologie virale (en esquissant une danse des croûtes jaunes et vertes) ou de leur quête de construction d'un planeur dans 9m2, tout était plus ou moins possible.
Tout ça pour dire qu'on s'est bien marré.

Ceci étant fait, maintenant il faut venir le samedi 22 mars à Verdière, ça vaut le coup d'oeil. Qu'on apprécie ou pas, c'est beau de voir une pièce continuer d'exister, 20 ans (et quelques...) plus tard, interprétée par de nouvelles têtes. C'est important de voir ce qui a existé dans le paysage chorégraphique, de voir ce que ça a pu ou non influencer... Il faut faire voyager son petit regard dans l'histoire, sinon c'est l'ennui assuré.




















So when the music's over, turn out the lights, turn out the lights, turn out the lights!!!



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