Je me revendique l’âme assoiffée de voyages
mais j’avoue un constat suite aux deux derniers mois sans domicile fixe :
sans un foyer bien à moi je ne me sentais pas pleinement sereine. Jai retrouvé
depuis peu la douceur d’avoir un chez moi. C’est une maison avec beaucoup d’étages.
Ma (notre) chambre me plait tout particulièrement. J’y dors infiniment
bien ! Elle est perchée très haut au dessus du reste de la maison, je m’y
sens comme un oiseau dans son nid. Depuis le lit je vois le ciel, je plane au
dessus des nuages, une échappé immobile.
Elle n’est rien de plus qu'un cube blanc
avec une petite fenêtre, dans lequel nous avons mis notre lit, ma table de
nuit d’amour qui me suit depuis si longtemps et une lampe de chevet pour lire et ce presque vide m’apaise.
Pour l’instant toutes les autres pièces sont
bourrées ratatam à craquer de cartons, malgré un tri qui tue orchestré à
merveille par Pierre-Loup et moi même dans nos affaires respectives. Comme nous
aimerions que notre vie toute entière puisse tenir dans un sac à dos ! On
en est encore loin.
Mais que mettre dans mon sac à dos ?
J’aimerais savoir me détacher du matériel. Je ne suis pas sûre d’en être déjà
capable. Sans parler des choses
utiles du quotidien (pour manger dormir et se laver), il y a une multitude
de petits objets auxquels je tiens qui me réconfortent dans cette vie
tumultueuse. Des photos, des bijoux, des meubles qui ont une histoire et me
consolent par leur pérennité.
Un cambriolage est venu il y a quelques années
remettre mon côté matérialiste en question. Finalement, tout est en moi :
les souvenirs, la douceur d’un parfum, la beauté d’une pierre de lune… tout est
gravé à même mon âme. Mais les objets qui restent restent et ça a quelque chose
de rassurant.
Par exemple, les bijoux que je porte sans
cesse, ayant appartenu aux êtres chers ou offerts par des gens que j’aime, sont
des petites motivations quotidiennes à prendre goût à la vie. Il en va de même
pour cette table de nuit que je transporte avec moi de place en place comme un
membre de ma famille intime.
Je suis heureuse d’avoir retrouvé un home
sweet home, mon chat ronronnant, mon compagnon de route, ma tasse préférée et
tutti quanti.
C’est Ceriani sédentaire qui écrit ce billet. Nous
n’avons pas de jardin pour y planter des chênes centenaires, pas non plus de
tapis persan ni de fauteuil suédois prénommé Puang, alors nous sommes bien.
Bienvenue chez moi !

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