dimanche 21 décembre 2014

C'est tout à fait normal.

Très étrange ce microcosme istréen dans lequel je suis casée depuis quelques mois! Saugrenu de constater à quel point cette nouvelle étape est d'emblée confortable. Ni les kilomètres à parcourir ni le fait d'arriver en terrain inconnu n'ont été perturbateurs. Pierre-Loup saurait me répliquer "ça se voit que ce n'est pas toi qui t'es tapé les allers-retours en camion" et il aurait raison mais qu'à cela ne tienne. Il se trouve que je viens de rencontrer des gens bien, que ce groupe Coline est bon et que l'ambiance est à la rigolade, ça part bien.

Nous avons entamé la première période de création avec la chorégraphe catalane Angels Margarit et nous sommes excités comme des puces. Nous serons dans un mois et deux semaines ensemble sur scène, moi ça me rend toute euphorique!

Sur la scène du théâtre de l'Olivier j'ai vu vendredi soir Emilie Simon et sa jolie robe dorée à paillettes. J'ai beaucoup aimé la soirée, c'était sans doute pile ce que j'avais envie de voir et d'entendre à ce moment là: des lumières, une belle chanteuse qui ondule, du gros son de batterie et de guitare, et ces chers Lorenzo et Anthony qui font des blagues. J'ai eu des étoiles plein les yeuuuuuux :)

Maintenant j'ai le luxe de pouvoir poser mes lombaires et mes psoas tendus comme des cordes de guitares qui cassent pendant deux semaines, alors je le fais. Je peux aussi en profiter pour continuer mes expériences culinaires (qui jusqu'à présent réussissent!), en d'autres thermes j'apprends à cuisiner plein de trucs délicieux pour arrondir toujours plus mes hanches appétissantes, ainsi que mes expériences couturières pour réaliser des cadeaux de Noël pour budgets serré de stagiaire. Oui, car rémunération de stagiaire il y a! Ce texte est décousu à souhait, j'en conviens. Mais je glisse au passage que pour la première fois de ma vie je suis payée pour danser et je dois fêter ça à flots de champagne pour les fêtes de fin d'année! Nous allons passer le REVEILLON, comme le dit ma grand  mère et j'aime entendre ce mot dans sa bouche chez ma cousine/belle soeur et ça va être tout douillou à base de chaussons aux pieds et de foie gras dans le gosier. Par la suite je fais une échappée rochelaise pour recharger les batteries d'amour et les moutons seront mieux gardés.

Un pré révéillon a déjà eu lieu ici avec entre autres Cendrillon comme invitée d'honneur, du tiramisu français, un poulet vivant italien, des révélations sous forme de jeu et pas mal de mousseux. Ce fut fort sympathique et j'ai hâte de vivre encore plein de moments avec ces gens là.

Passez tous d'agréables temps libres,
Prenez soin de vos carcasses.



                        



Don't even look back to see
How far you've come
Though your body is bending 
Under the load
There is nowhere to stop 
Anywhere on this road

dimanche 30 novembre 2014

Maison sucrée maison.




  Je me revendique l’âme assoiffée de voyages mais j’avoue un constat suite aux deux derniers mois sans domicile fixe : sans un foyer bien à moi je ne me sentais pas pleinement sereine. Jai retrouvé depuis peu la douceur d’avoir un chez moi. C’est une maison avec beaucoup d’étages. Ma (notre) chambre me plait tout particulièrement. J’y dors infiniment bien ! Elle est perchée très haut au dessus du reste de la maison, je m’y sens comme un oiseau dans son nid. Depuis le lit je vois le ciel, je plane au dessus des nuages, une échappé immobile.
  Elle n’est rien de plus qu'un cube blanc avec une petite fenêtre, dans lequel nous avons mis notre lit, ma table de nuit d’amour qui me suit depuis si longtemps et une lampe de chevet pour lire et ce presque vide m’apaise.

  Pour l’instant toutes les autres pièces sont bourrées ratatam à craquer de cartons, malgré un tri qui tue orchestré à merveille par Pierre-Loup et moi même dans nos affaires respectives. Comme nous aimerions que notre vie toute entière puisse tenir dans un sac à dos ! On en est encore loin.

  Mais que mettre dans mon sac à dos ? J’aimerais savoir me détacher du matériel. Je ne suis pas sûre d’en être déjà capable.  Sans parler des choses utiles du quotidien (pour manger dormir et se laver), il y a une multitude de petits objets auxquels je tiens qui me réconfortent dans cette vie tumultueuse. Des photos, des bijoux, des meubles qui ont une histoire et me consolent par leur pérennité.
Un cambriolage est venu il y a quelques années remettre mon côté matérialiste en question. Finalement, tout est en moi : les souvenirs, la douceur d’un parfum, la beauté d’une pierre de lune… tout est gravé à même mon âme. Mais les objets qui restent restent et ça a quelque chose de rassurant.
Par exemple, les bijoux que je porte sans cesse, ayant appartenu aux êtres chers ou offerts par des gens que j’aime, sont des petites motivations quotidiennes à prendre goût à la vie. Il en va de même pour cette table de nuit que je transporte avec moi de place en place comme un membre de ma famille intime.

  Je suis heureuse d’avoir retrouvé un home sweet home, mon chat ronronnant, mon compagnon de route, ma tasse préférée et tutti quanti.
  C’est Ceriani sédentaire qui écrit ce billet. Nous n’avons pas de jardin pour y planter des chênes centenaires, pas non plus de tapis persan ni de fauteuil suédois prénommé Puang, alors nous sommes bien.

Bienvenue chez moi !

jeudi 30 octobre 2014

J'ai des choses à dire.

Le fil de mes déplacements se poursuit avec un arrêt par la case Istres pour deux années. N'allez pas croire que la région PACA m'avait manqué, ni que les Bouches du Rhône m'attiraient follement. Non. Ce qui m'appelle là bas est cette envie de danser que je ne sais pas formuler mais qui est bien réelle. Je veux, ou j'ai envie, (à mon avis la nuance de formulation ne changera pas grand chose) que cela devienne mon métier, et Coline devrait pouvoir m'aider en ce sens.
A l'issue des trois semaines décès, euh... d'essai (ce jeu de mot est le lapsus le plus révélateur du monde) je ne suis pas décédée, et je suis très décidée.




Me voici donc débarquée dans un nouvel univers, dans lequel je n'ai pas la flemme de travailler (je vous jure!), je suis heureuse d'aller prendre mon cours le matin et je me dis "oh, déjà...?" quand sonne la fin de la journée. Révolutionnaire, non?
Je m'entends dire que mon regard est beaucoup trop froid et beaucoup trop figé, je dois en quelques sortes tout reprendre à la base: La forte présence qu'on m'avait promis que je dégageais glace certains d'indifférence. Mes airs de tragédienne à la Niña sont à présent à considérer sous un autre angle... Difficile de ne pas être dans cette attitude en dansant, en vérité, difficile d'être quelqu'un d'autre. Parce qu'aujourd'hui, afficher un visage enjoué et un regard souriant dans ma danse, ce n'est pas moi. J'ai vraiment l'impression de faire semblant! Il en va de mon rapport au monde. Ceux qui ont vu Création en robe des champs savent que je sais être farfelue, drôle, cocasse, amusante, faire rire...(faire des pléonasmes me manque beaucoup mes amies de type trio) quand l'occasion s'y prête! Mais pour l'instant, je ne sais pas arborer le faciès de la meuf sous ecstasy en permanence. Néanmoins je vais y réfléchir.




Istres, c'est un microcosme où il y a toujours de la place pour 13 dans n'importe quel bar. Il y a un chouette théâtre avec une bonne programmation. Il n'y a pas vraiment d'automne. En tout cas je ne l'ai pas encore vu se profiler. Il y a un parfois du mistral, cependant. Il n'y a pas de vélos mais il y a des gens. Des gens du sud, avec lesquels c'est de façon générale un pour tous et chacun pour soi. J'ai dit de façon générale parce que j'ai bon espoir mais franchement... Il y a de jolis cabanons dans les hauteurs, pour se caler, au besoin, dans un havre de solitude salvateur. Il y a des passiflores à foison. Qui font des fruits! qui n'ont pas de goût. Il y a des hérons au plumage foncé, très beaux qui sentent bon. Il y a deux étangs, du soleil, des camarades danseurs adorables. Quand je serai istréenne dans deux ans, en juin 2016 quand je fuirai le sud toutes voiles dehors, j'écrirai un nouvel article bilan. ça peut être drôle. D'ici là je serai sûrement bilingue en anglais, je connais déjà trois mots: degree, master, rave party.

Sur ce, Ciao a tutti. Buenas noches and...

Be wild!

dimanche 7 septembre 2014

Je sais pas si je vous l'ai déjà dit mais... ça ne coûte pas plus cher de bien manger. Et non, et ouais...



Un trio de choc et de charme dans cette petite pièce concoctée avec des produits frais. Rien que pour vos grands yeux ébahis, ces extraits de la première (dit comme ça c'est plutôt classe) le 22 mai au CCN de La Rochelle. 

Si ça vous a plu et que vous en voulez encore, c'est normal. 

De Type Trio dans ta face!


lundi 25 août 2014

La casa de los espiritus


 Il y a dans mes alentours des esprits aimants qui apposent entre mes sourcils froncés un doigt apaisant quand je ne trouve ni le sommeil ni le calme. L'impatience et la flemmingite aiguë ne font pas bon ménage sous ma cage thoracique cet été. Finalement j'irai à Istres le 29 septembre après deux mois et demi d'attente d'une réponse qui ne m'avance pas tellement plus. 

Pour contrer l'ennui, j'ai filé doux vers la Vendée avec chat et compagnon. Chacun a profité du bon air frais et de la bonne pitance servie par Mamie. Chacun revient plus dodu, tous trois enrobés d'une petite couche de provisions pour l'hiver.

 La réflexion estivale est la suivante: Les vacanciers aoutiens se font-ils lobotomiser avant de partir en congé ou est ce que leur lenteur à la détente est congénitale? Parce que loin de moi l'idée de me plaindre ou de dire de mauvaises choses sur mon prochain mais quand même un peu. 
 J'ai d'abord songé à une théorie selon laquelle le travailleur acharné, enfin délesté de ses impératifs, se retrouve totalement exalté en vacances et perd toute notion de savoir vivre dès la tente 3 secondes installée. Ainsi déambule-t-il au beau milieu de la piste cyclable en tongs avec sa femme et ses trois enfants, démuni de ses 5 sens (sauf peut-être le goût et l'odorat si l'on en croit son tour de bide) avec comme seule philosophie "y a pas l'feu au laaaaaaac...". 
 Mais une autre théorie, plus tragique et plus inquiétante, semble être plus plausible. Selon moi quiconque ose stationner en groupe à un carrefour sur la piste cyclable et te beugler des "ah là ça va pas l'faire" quand tu tentes de les contourner pour suivre ton chemin, a un soucis répandu de nos jours: le fait de se croire seul au monde. Comme j'aimerais être seule au monde par moments moi aussi croyez moi! De plus, une réaction systématique provoque chez moi un mélange d'amusement et de désolation: le réflexe vil de tout mettre sur le dos de ses propres gamins! le même schéma de situation se répète tous les 50 mètres, toujours sur la piste cyclable: (oui, je vous l'ai dit je n'ai pas fait grand chose de mon mois d'aout) Une famille est à la queue leu leu à vélo, occupant une largeur de la piste aléatoire variant de gauche au milieu et rarement à droite, et lorsqu'avec mon bon coup de pédale je les double aisément même en 1ère même avec un vélo qui a 3 fois mon âge, les parents jactent aux enfants "attention, roule à droite!" Faire porter le chapeau à ses gosses avec des "fais ce que je dis, pas ce que je fais" c'est moyen moyen. Je suppose que ceux là sont les même qui marchent tout droit dans la rue sans jamais dévier de leur trajectoire. Je m'amuse à faire ça parfois, agacée de devoir zigzaguer entre la foule ahurie d'individualistes: je marche tout droit, comme ils le font en face, on se rentre dedans, ils ne s'en rendent pas compte, ne s'excusent pas, restent abrutis dans leur existence d'imbéciles heureux. 
Les plus forts sont ceux qui ferment les yeux et ne respectent rien. Ils gagnent par leur bêtise. 

Tant pis, moi je les garde ouverts, ça laisse la place à ce mot amusant qu'est l'émerveillement. Il ressemble à fourmillement, donc aux étoiles.

Je lis un roman en espagnol, plus pour le plaisir que pour m'inventer une vie, vraiment. Il accompagne mon été. Si je le termine, il ne se passera plus grand chose...

vendredi 18 juillet 2014

On va s'aimer, on va danser, oui c'est la vie lalalalala!


Partir en huis clos à Châtillon sur Marne pendant 14 jours qui en parurent nonante fut l'occasion de vivre de nouvelles expériences que je m'en vais vous conter de suite.

- Gérer un groupe de gamins (entre 12 et 16 ans), les voir évoluer, les embarquer dans ton délire et te laisser embarquer dans le leur, c'est chouette hé!

- Faire preuve d'autorité sans beugler c'est possible. C'est assez jouissif l'obéissance de ses petites têtes blondes, quand tu réclames le concentration et que tu l'obtiens, il y a quelque chose de kiffant. Gare à ne pas en abuser, je comprends maintenant qu'on puisse vite déraper et abuser de son pouvoir d'autorité.

- Faire vivre la richesse de la langue française, c'est beau. Même lorsque tes collègues belges te demandent si tu saurais passer la bouteille pour guincher comme des barakis de sept à septante dix sept ans, et pourquoi pas quelques houitres mi crues mi couites en entrée, et j'en passe et des meilleures.

- Qu'on me dise à plusieurs reprises que je suis bronzée, que j'ai des jambes musclées de danseuse à la peau brune, c'est bon pour l'ego et ça ne risque plus de m'être dit avant longtemps. Car j'admets que dans la vraie vie, c'est à dire dans celle où mon entourage est essentiellement français, je suis blanche comme une madone. Ou comme un bidet mais c'est moins glorieux.

- Les sports co, je pensais avec soulagement les avoir fuis après le baccalauréat, que nenni! Il a fallu en animer! Même si j'admets une aisance toute nouvelle en ping pong (merci à la danse qui m'a désinhibée et rendu mes gestes plus amples), je suis toujours une aussi grosse quiche lorraine en balle au prisonnier et autres jeux à gros ballon. ça n'est pas chouette hé.

- J'ai pour la première fois animé un atelier, de danse, et j'ai adoré diriger mes petites stagiaires comme des petits pantins, mais des pantins indépendants et imaginatifs. C'était surtout la première fois que j'orchestrais une chorégraphie dans laquelle je ne danse pas, et j'en redemande! Très émouvant!

- Stromae, (à prononcer stromaïïïï, ok, j'ai pigé!) il est bien sympa mais je fais une overdose.

- Je n'ai pas radicalement changé en deux semaines, je suis toujours aussi farouche, mais cet éloignement de mes habitudes est l'occasion d'un petit ménage par le vide de ma boite crânienne et le temps nécessaire pour se poser certaines questions sur ce que je peux encore faire évoluer en mieux chez moi.

- J'ai fait de jolies rencontres, j'ai eu cette chance d'être entourée de gens drôles intelligents et à l'écoute, parmi les adultes, et de petits trésors parmi les enfants.

- Et puis voilà!

La suite de l'été peut se faire, avec au programme: procrastination (j'adooooore), taillade de tignasse, activités musicales, couturières et manuelles. La vie est parfois trop dure.





jeudi 19 juin 2014

"Et sinon, tu fais quoi à côté?"



























  En cette période trouble de lutte des intermittents du spectacle et autres précaires en tout genre, je m'accroche encore et toujours à l'envie de danser. J'ai bien envie de faire la grève aussi, cela dit, mais ça n'aurait pas beaucoup de poids parce que je ne suis encore ni professionnelle de métier ni sous le régime intermittent. D'ailleurs c'est pas pour bientôt mais qu'à cela ne tienne. Patience doit devenir mon maître mot.

  A propos de danse, j'ai passé récemment l'audition pour Coline (à Istres), formation professionnelle du danseur interprète également. Pas la plus tendre des auditions avec pas moins de six étapes de sélection en trois jours! J'ai découvert ce qu'est d'entendre son nom par un membre d'un jury parmi une liste d'autres candidats. ça a pas l'air très réel quand on est plus habitué à ne pas passer un seul tour. ça met un peu de baume au coeur, je dois le dire, même si mon nom, finalement, se trouve sur une liste d'attente. Je suis priée d'attendre juillet pour savoir à quelle sauce je serai mangée. de plus les gens retenus sont admis en "période d'essai". Le mois d'octobre est un mois de sursis pendant lequel tu pries chaque jour ta mère ou ta grand mère qu'ils ne te virent pas en novembre.
Pour tenter ce genre d'expérience, il faut donc être un gros barge adepte de l'auto flagellation. Donc avoir de l'ambition et très envie de faire cette formation. Tel est mon cas.


  Ah, les métiers artistiques... quand je rencontre de nouvelles personnes et que je sais que nos fréquentations se limiteront à quelques dizaines de minutes, j'arrête de dire que je fais de la danse quand on me demande ce que je "fais dans la vie", parce que c'est souvent le même schéma de conversation qui se déroule:

_ "wouah, la chance, tu pratiques ta passion au quotidien!"
=> Où est la chance dans l'histoire? J'ai CHOISI de danser, ce n'est pas plus compliqué que ça. Et ce mot "passion", là, m'agace, il me donne envie de faire des fleurs de la main en regardant amour gloire et beauté.
_"Tu danses dans les clips, à la télé, au crazy horse?"
 => Niiiiiiiiii l'un ni l'autre! Non non, je fais ce qu'on appelle la danse contemporaine, tout ce qui existe en danse sur scène, dans les théâtres... dans des compagnies, comment dire...
_"Ah, tu te roules par terre en faisant l'algue ou le rocher?"
=> Pas exactement... Même si ça peut arriver malheureusement mais ce n'est pas l'aspect le plus intéressant.
_"Et sinon tu fais quoi à côté?"
 => Mais rien pauvre chêvre, que veux tu que je fasse? Je fais pas de la danse comme ça pour le fun le soir après une journée au bureau! j'ai choisi la vie d'artiste, pas la vie de la nana qui s'ennuie en open space, vie de m**** pour toi, que veux tu que je te dise... Je gagne pas un rond mais je me lève tous les jours avec plaisir, c'est sympa. Franck Ribery par exemple, tu crois qu'il fait quelque chose "à côté" du foot? pourtant le foot c'est super fun, c'est d'ailleurs le loisir de ton fils, biquette...

  Allez, je m'emporte. Faudrait pas s'énerver de la sorte, mais on passe tellement pour des petits rigolos, les acteurs du monde du spectacle, aux yeux du mec lambda qui regarde le journal télé avec intérêt...



  Les projets à venir: Continuer Création en robe des champs avec la compagnie De Type Trio, intégrer une nouvelle formation en octobre (Lausanne? Istres? la suite au prochain numéro), partir faire l'animatrice/prof de danse dans un séjour à Châtillon sur Marne (ah bah on a la classe ou on l'a pas), danser deux soirs au gala du conservatoire vendredi et samedi de cette semaine (le deuxième gala de ma vie à 22 ans, je ris de me voir si belle en cette salle de la coursive) et ce sera déjà pas mal.
 

samedi 24 mai 2014

Plateau partagé.

Les trois grâces de Niki se St Phalle, 1999

Les trois grâces de Raphaël, début XVIème

Deux scènes de plus au compteur depuis jeudi 22, avec des créations inédites du Jeune Ballet Atlantique, du home made avec des produits frais. Six projets réunis en un seul collectif, une collaboration difficile mais pas inintéressante, au résultat prometteur.
Ce fut notament le deuxième jet de notre folie douce de type trio, avec des salades et toutes sortes de fruits et légumes de saison. La soirée a été filmée à priori, je serai sans doute à même de partager des extraits vidéo bientôt.

Ce projet commun aux treize membres qui ont survécu à cette année scolaire a bel et bien abouti, malgré les concessions que le travail à plusieurs implique, les tensions que cela peut engendrer. Contre toute attente le plaisir de la scène était là dans mes joues rosies de cette bonne adrénaline que procurent les représentations publiques.

Le temps de la scène passe à une allure folle, c'est tout un assemblage de facteurs et d'éléments qui font le spectacle (la présence du public et ses réactions diverses, les lumières, la musique, la danse, l'écoute entre les danseurs...) Mais ce que j'ai trouvé le plus beau, cette fois, c'est ce qui ne se voit pas, ce qui se passe en coulisses, les regards qu'on se lance pour se donner les tops départs, les petites accolades pour se soutenir, l'entraide de se donner les signaux quand on doit commencer de dos "c'est bon, tu peux y aller", et de savoir que pendant notre trio fraîcheur, nos "camarades" danseurs étaient tous bidonnés de rire derrière les pendrillons, cela fait d'eux notre public le plus touchant.

J'annonce que De Type Trio ne va pas s'arrêter là et que sont déjà lancées les négociations pour pouvoir rejouer notre pièce sur d'autres scènes. So fresh!

Les trois grâces dans les loges du CCN chappelle fromentin, 2014

samedi 3 mai 2014

Rira bien, plus personne ne rira à la fin.


Hello les petits fans de type lecteurs! Je bats ma coulpe pour cette absence de plus de dix neuf jours et demi, mais je reviens tout juste à peine de Suisse il y a deux semaines et je suis encore sous le coup du jet lag! Pour la raison et surtout pour la peine, je ne vous livrerai pas en avant première inédite le DIY bague en métal et scotch peint au marqueur vert imitation émeraude véritable que je vous avais concocté, j'ai pas eu le temps de finaliser sa finalité. Pas non plus de tuto bide à bière, malgré que vous ayez été nombreux à vous joindre en nombre pour me le demander. Après, c'est un parti pris que je suis prête à prendre et à assumer, n'y voyez aucune malice.
 En gros, je ne vous dis donc par conséquent rien dans cet article. 
Et j'espère vous en voir ravis.  
Parce que vous êtes de plus en plus nombreux à être heureux d'être contents, d'être happy, pour les bilingues (oui comme dans cette chanson qu'on aime tous tant et tant et tant et si bien que j'ai du au passage vous la glisser dans la tête bien malgré ma volonté propre, ne voyez là aucune manigance) je vous dédicace tous mes voeux de bonheur. Car parfois, le bonheur, c'est les choses simples, des oeufs au plat qui font des mamours (allez, qui FORNIQUENT, n'ayons pas peur des mots) dans la crêpière, pour moi c'est la métaphore de la beauté de la vie à deux. 
Malgré les bombes qui tombent aux quatre coins du monde.

Si toi aussi tu aimerais avoir sur ton bureau un emplacement pour ta cannette de Kro matérialisé par un napperon, like le lien vers cette page qui se trouve sur facebook.
Et si tu aimes les produits frais, viens en consommer le jeudi 22 mai à la Chappelle Fromentin, centre chorégraphique national de La Rochelle muni d'un billet de 5 euros. 


P.S: S'il y en a qui croivent que j'ai consommé des substances illicites sous forme de joint de drogue avant de rédiger cet article, ils se méprennent. C'est bien mal connaitre mon pet au casque :) 


 




lundi 14 avril 2014

In Situ.

Il faut revenir sur les expériences de danse récentes, deux performances dans deux lieux de la ville de La Rochelle, le cloître des dames blanches et l'extérieur de La Sirène, scène de musique actuelle. Je tiens à y revenir parce que c'était bougrement intéressant dites donc. Comment faire vivre ces lieux autrement, comment s'en servir pour interroger la danse.
C'est avec Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours qu'on a mis en place ces évènements. 
Je leur adresse un merci pour leur investissement, leur exigence et leur sincérité. Longue vie à la compagnie Sine Qua Non Art
Cet aparté rempli d'amour étant fait, abordons brièvement cette notion de performance. Il s'agit de faire exister, dans un espace et un temps donnés, un évènement donné, d'où émerge l'oeuvre, aussi éphémère soit-elle. 
J'ai été interpelée par cette remarque quelques jours après: "avez vous seulement imaginé que le public pouvait être dérangé, gêné par vos actions?". Certains d'entre nous se sont retrouvés en sous vêtements pour quelques minutes, nous avons utilisé comme matières le souffle et la voix, nous avons emprunté aux gargouilles leurs postures et leurs grimaces, par exemple. Je réponds qu'en aucun cas la performance ne cherche à ménager le public (et encore, ici on est restés très chastes, cloître et cadre du conservatoire obligent). Elle propose autre chose que l'habitude, l'anecdotique, le confort, la passivité. Encore une fois, le tout cuit pré mâché pré digéré, c'est sur TF1 ou à la Coursive (Allez, ça continue de balancer!) 
"Toute création véritable ne doit-elle pas chercher à se provoquer elle-même, en dérangeant le règne des habitudes et du divertissement? Comment l'art serait-il, sinon, inventeur de formes?" (Jean-Marc Adolphe dans l'éditorial du dernier numéro de Mouvement.)

Ce qui est intéressant dans la performance, c'est d'interroger la notion de représentation publique hors de l'écrin qu'est la salle de théâtre. On ne danse pas sur scène comme on danse dans la rue, la démarche n'est pas la même, on ne vient pas voir un spectacle comme on s'attarde sur une performance dans la rue. Toute l'idée de consommation, d'habitude est basculée et c'est là que ça devient beau. Sortez des habitudes. Eteignez la télé, ne regardez pas votre montre, levez le nez de vos pâtes réchauffées au micro ondes, elles ont l'air infectes personne ne vous les mangera, sous vos yeux des gens vous emportent ailleurs, là où ça fait mal, ça s'insurge, ça vit, ou ça poétise tout simplement, je ne sais pas moi. Les réactions sont diverses et toutes bonnes à analyser. Qu'on me prenne pour une folle, moi, j'adore ça. Je me sens tellement moins dingo que ceux qui m'accusent de l'être dans ce genre de moment! 
Qu'il subjugue ou dérange, l'art serre toujours à quelque chose. 

J'ajoute un petit mot sur Steven Cohen, que j'admire pas mal, actuellement jugé pour exhibitionnisme, pour sa performance au Trocadéro avec son ami coq qui ne portait pas de slip, le coq, symbole d'une France vigoureuse, devant la tour Eiffel, le mec avait des trucs à dire je crois. Allez, je veux bien admettre que c'est un peu choquant, un coq à plumes à poil. 
Je salue sa folie douce: "Je ne désire pas que les gens désirent ce que je fais. (...) Faire de l'art est devenu mon métier et a cessé de signifier un risque, de faire aventure. En aucun cas je ne dois faire de l'art comme on exerce un métier." (Steven Cohen interviewé dans le dernier Mouvement)

De ces semaines à évoluer dans les graviers est restée une trace (pas uniquement de terre!), celle d'un travail efficace qui laisse des tas de questions à creuser pour avancer. Prendre un an en deux semaines, parfois il suffit de peu de choses! (Encore merci les garçons)


Photo de Pierre-Loup Martin, avec le dernier né parmi ses sténopés. 
  

mercredi 2 avril 2014

Push to move.



Jette ta télé par la fenêtre. 
Critique ce qu'on te propose. 
Prends des partis. 
Sois spontané.  
Coupe ta tignasse.
Respire l'air pollué de ce printemps.
Montre toi déshabillé sans raison.
Fais. 
Repousse pour avancer. 



                                                                                                  Niña.

dimanche 23 mars 2014

Noir salle. Lumière plateau. Rideau.
















  Les verres d'hier, après Verdière, furent rafraîchissants à souhait, malgré le besoin de sommeil.
Depuis la fermeture du rideau et la sortie du théâtre j'ai une sensation agréable et nouvelle: celle du travail accompli. Je me suis fait confiance, j'ai exécuté ce qui était écrit dans chaque chorégraphie, pas après pas, posant chaque geste avec minutie, j'ai interprété mes rôles. Ni plus ni moins. Sans précipitation, sans encombre, sans me mater le nombril, attentive à tout et à tous. Comme une danseuse en fait. J'ai fait ce que j'avais à faire (avec quand même quelques prises de liberté en forme de liqueur de poire). C'est peut-être le métier qui rentre.
Aujourd'hui dimanche certaines choses se mettent à plat. On (je) va (vais) pouvoir passer à autre chose. Personnellement, j'envisage d'être danseuse (Ah Ouais?). Ah je l'avais déjà dit? Pardon. Non mais je veux dire, danseuse vraiment, professionnellement. En me forgeant dès aujourd'hui un petit bouclier invisible pour parer les aspects un peu écoeurants. Parce qu'il y a aussi dans le fait de la représentation scénique un goût bien amer. De la poudre aux yeux et je ne parle pas du fard à paupières, je parle de faux semblants. Il s'agit de ne pas être dupe.

Les roses ça sent bon, mais c'est plein d'épines.






En souvenir de la semaine la plus longue de l'année, ces quelques photos pas très belles prises avec mon téléphone portatif qu'on appelle plus communément mobile ou portable. 

dimanche 16 mars 2014

Moi, tout est dans mon SAC! Par contre, c'est en vrac.






  Les conseils qu'on m'a donnés avant le week end: Dimanche profitez du soleil surtout, hein?
Ben nan! J'ai pas envie! J'ai passé ma semaine à m'agiter et je vous parle pas de la semaine qui arrive alors aujourd'hui que nenni. Je vais pas aller courir aux quatre diables.
J'ai préféré terminer un sac que j'ai commencé il y a... moult! (Mes délais de travail sont à géométrie variable) et voilà le résultat hasardeux d'un beau sac exeuuuuprès pour la danse (notez la petite demi pointe qui dépasse pour bien faire genre) pour mettre mes petits costumes dedans la semaine prochaine. Avec mon blaz' dessus. Niña ça va être mon nom de scène je l'ai décidé. 
  Je bois diverses tisanes plus ou moins écoeurantes du coffret "infusions parfumées" vendu avec notre théière éléphant/girafe en brodant à la va-vite sans trop m'appliquer (un travail appliqué n'est pas un travail de Ceriani, non décidément je ne sais pas faire) au top du glamorous avec mon cataplasme d'argile sur le genou sans lequel je ne vais pas assurer les 12000 heures de la semaine qui arrive. Avant ça je me suis fait offrir le petit dèj' par une boulangère qui n'avait pas l'air réveillée. Quand elle m'a tendu la monnaie de mon billet de 10 euros AINSI QUE mon billet de 10 euros je l'ai enfourné dans ma poche en disant merci... C'est pas honnêêêête! Ahahahahah! Il n'en faut pas plus pour égailler mon dimanche. 

Allez, petits moutons, allez profiter du soleil. Et de la foule dense et compact qui piaille et qui sent la friture! Moi je reste dans mon chez moi, y a du soleil au balcon, j'aurai bonne mine quand même.



dimanche 2 mars 2014

La Carmen tiene un cuchillo...

 


Carmen est mon personnage du moment. Parce que ma mère mettait parfois cet Opéra à fond dans l'appartement et chantait ces airs sous la douche ou ailleurs, j'ai l'impression de l'avoir toujours côtoyée, la Carmencita. Ces temps ci je la tutoie presque, j'écoute Bizet (la version avec Maria Callas), j'ai revu le film de Carlos Saura et lu la nouvelle du petit pote Mérimée. Elle n'est pas génialissime mais c'est pas mal écrit. Je ne critique même pas l'étude ethnologique maladroite à deux francs six sous parce que je crois que c'est bien typique de l'époque. Encore que lui, contrairement à d'autres, sont vraiment allés en Espagne avant d'écrire.
 Je tape un peu mes doigts sur mes castagnettes, cherche au fond du placard la pair de chaussures que j'avais utilisée à Grenade pour le stage de Flamenco, j'écoute Paco de Lucia (mort il y a quelques jours, les coïncidences...) BREF. Je rêve exotisme. Je suis romantique par excellence, et pas la nymphe de Nijinski! Ce n'est pas tout à fait la même époque!
Je suis comme ça et je n'ai pas fini d'en parler, nostalgique des époques que je n'ai pas vécues, des terres sur lesquelles je ne suis pas née.

On peut trouver ça très niais, Carmen. Je suis assurément niaisouille à mes heures. Je trouve ça poignant. La fille est impitoyable, téméraire et libre. Je voudrais porter tous les jours une longue jupe et un châle. Pour me déguiser en andalouse, comme quand j'étais petite et que je mélangeais un peu les alsaciennes et les andalouses mais qu'en tout cas, je voulais porter des jupes à volant et des fleurs dans les cheveux.




...Para el que se meta con ella.






samedi 22 février 2014

Si t'es toujours à loilpé, comment je fais moi, pour te déshabiller?

Je ne suis pas l'actualité. Je me garde une place au chaud loin de ce que racontent les médias. Parce que ça pue, ça fouette et ça sent pas bon. Pourtant je voulais faire ça, comme métier, avant, journaliste. Mais bon. En fait plus du tout.
J'ai vent de ci de là d'évènements navrants qui concernent le domaine de la culture, cette histoire avec Claude Ponti, et le petit brassage d'air du FN contre Tragédie d'Olivier Dubois. Le problème de ces gens là: la nudité. Ces gens qui en dépit d'idées un peu rétrécies sur le monde qui les entoure, appartiennent au genre humain et possèdent sous leur vêtements, je suppose, un corps, avec de la peau, des poils, des fesses, allez je ne vais pas vous faire un dessin. Les mots du chorégraphe: «C’est toujours triste de voir quelqu’un s’accaparer la culture pour soutenir un propos». Voilà. Des prétextes, toujours des prétextes, ils en ont besoin. 
Ce qui m'interpèle, c'est qu'il n'y a pas que dans le discours des extrémistes que j'entends parler du nu avec dégoût. Si cela m'étonne, c'est parce que je suis une grande pudique, malhabile à se dévoiler, mais qui n'a aucune sorte de gêne face à la nudité des autres. La dimension taboue de la nudité est culturelle. Un corps nu n'est pas forcément un corps érotique! Il est la réalité, ce que nous sommes dans la plus grande simplicité. 

J'ai beaucoup aimé Tragédie. Tout y concorde à clouer le spectateur à son siège, la musique, les lumières, une structure chorégraphique impressionnante de précision et la force d'interprétation des 18 danseurs. J'ai compris deux jours après le spectacle ce qui porte à mon goût une pièce au dessus des autres: c'est lorsque tous les danseurs ont ce qu'on appelle de la présence. 




mardi 11 février 2014

Misanthropie à part






Nous sommes trop d'êtres humains sur cette terre pour pouvoir tous s'entendre. C'est comme ça. Mais venir, gratuitement, dire à ceux qu'on apprécie moins qu'on les apprécie moins, c'est ce qu'on appelle, par extension, la guerre. Je laisse délibérément les imbéciles heureux à leur sort parce que (comme le stipule souvent ma chère Juliette à juste titre) je ne suis pas assistante sociale. Ces mêmes imbéciles heureux appellent ça de l'hypocrisie, j'appelle ça du bon sens et du savoir vivre.
Aujourd'hui j'ai été pour la première fois cible de violence verbale, un vomissement sans queue ni tête d'insultes, un flot ininterrompu d'horreurs langagières. Et je n'ai pas su garder mon sang froid, fallait il rester impassible?
ce n'est pas la première fois qu'on me traite d'hypocrite. Mes amitiés sont toujours fusionnelles, on m'a à chaque fois reproché de me mettre en marge du groupe pour donner l'exclusivité à mes amies.
Pourquoi? Par jalousie? Par incompréhension? Un peu de réflexion, vous savez faire, histoire de calmer la parano? J'en ai marre de devoir systématiquement m'adapter à des situations toujours plus grotesques les unes que les autres. ça peut être plus simple, les choses, la vie, beaucoup plus simple. Chacun son nombril, son potager à la Candide et ¡Basta ya de charlar! (traduction: ça suffit les bavardages!)



(En arrière plan se forgent, encore et toujours, les fondations de mon courage. J'ai pédalé trois jours dans le brouillard le ventre à l'envers pour un animal à poils blancs dont je me sens responsable, que j'aime et  dont la souffrance m'a rendue dingo. Hopla est tombé malade, je prie pour sa guérison, qui a l'air en bonne voie. Je sais que les épreuves que la vie me met devant les pieds n'arrivent pas par hasard. J'aurais pu savoir prendre du recul, ce n'est qu'un animal... Mais...)



Je rêve d'un désert, un désert (rempli) d'amour, avec de bonnes âmes, de l'air et de l'eau fraîche.

dimanche 2 février 2014

Quand la musique est finie, éteins les lumières, éteins les lumières, éteins les lumières.

Ce cher Dominique Bagouet est un peu un leit motiv dans mon expérience dansante. J'ai démarré la danse avec Yveline Lesueur, adoré une transmission rapide de So Schnell par Dominque Jégou au lycée, repris des extraits de Parcelles de ciel (Susan Buirge) avec Sylvie Giron à la fac de Nice, dansé le duo de Désert d'Amour l'an passé et cette semaine, remonté Jours Etranges avec Catherine Legrand. Des expériences beaucoup appréciées et fondatrices de ma corporéité actuelle (pardon pour les termes qui s'inventent une vie, je lis du Michel Bernard en ce moment, ça déteint)
Qu'on ne s'étonne donc pas trop que j'affectionne à ce point l'oeuvre et la gestuelle de ce chorégraphe. Les gens cités plus haut ont su transmettre leur passion, je ne sais pas bien comment dire tout ça... de belles rencontres et d'excellents souvenirs. Tout ça m'a marqué quoi.

Jours Etranges, une pièce de 1990, a mon âge à une année près. J'ai trouvé ça amusant quand je m'en suis rendue compte. Danser une pièce crée pour d'autres, à une autre époque, questionne le sujet de l'interprétation, bien sûr, mais sous un angle particulier. Comment être juste sans imiter? Il se trouve que les thématiques abordées, qui sont (pour résumer) celles de l'adolescence, sont accessibles, on y a tous plus ou moins trouvé notre compte. Pas de grande difficulté, si ce n'est dans la compréhension de ce qui est en jeu à tel ou tel moment, et trouver le juste équilibre entre exécution précise de la gestuelle et jubilation (je trouve tout ça très marrant à danser et on se fait transporter par la musique des Doors). Oui, parce que je ne l'ai pas encore précisé, mais la bande son est constituée de morceaux de l'album Strange Days. Ce qui est un véritable kiff du début à la fin.

Un des passages tourne autour de l'idée d'obsession. Il a fallu créer un petit solo autour de ça, c'est à dire trouver un sujet d'obsession et le traduire en danse. Fallait-il aller chercher un sujet poignant de type MOMENT EMOTION et se mettre les tripes à l'air dans un combat avec nos propres démons? De manière générale, je choisis de ne pas utiliser la création chorégraphique comme thérapie. La danse m'aide beaucoup à soigner diverses angoisses que je peux avoir, elles se dissipent d'année en année, mais elle fait ça toute seule, ce n'est pas moi qui vais volontairement chercher au fin fond de mes tripes et mes gonades l'origine de mes maux pour les livrer en pâture au public. Ainsi j'ai choisi d'exposer implicitement mon obsession du moment: les essayages costumes. ça va, avec ça je ne risque pas de tomber en syncope durant une répétition. Mais vraiment ça me prend la tête, j'en ai encore rêvé cette nuit. On pouvait aussi parler de la manie des coups de fouet ou de paperasse de sécurité sociale, ça ne sort pas du cadre. D'autres auraient pu traiter de leur conjonctivite onsaitpasquoidetypepathologie virale (en esquissant une danse des croûtes jaunes et vertes) ou de leur quête de construction d'un planeur dans 9m2, tout était plus ou moins possible.
Tout ça pour dire qu'on s'est bien marré.

Ceci étant fait, maintenant il faut venir le samedi 22 mars à Verdière, ça vaut le coup d'oeil. Qu'on apprécie ou pas, c'est beau de voir une pièce continuer d'exister, 20 ans (et quelques...) plus tard, interprétée par de nouvelles têtes. C'est important de voir ce qui a existé dans le paysage chorégraphique, de voir ce que ça a pu ou non influencer... Il faut faire voyager son petit regard dans l'histoire, sinon c'est l'ennui assuré.




















So when the music's over, turn out the lights, turn out the lights, turn out the lights!!!



dimanche 26 janvier 2014

Winterreise





 De rêves pour l'hiver en anticipations immobilières, procréatrices et salariales, j'ai promené mon corps aux embruns une boîte en bois sur le dos. Et je vous ballade parce qu'il n'y avait pas d'embruns ce jour là. Juste un soleil voilé, de l'écume en mousse de bière, des groupes de gens bourrés qu'on appelle familles venues digérer et/ou se noyer sur les rochers un iPad à la main et des talonnettes aux pieds. Je les ai fuis tant que j'ai pu pour capturer cette image dans ma boîte. Ca m'a eu l'air magique, "la mer que je vois là va vraiment rentrer dans le petit trou (de pine, hihi)?" mais des explications pragmatiques obtenues dans le nez de Pierre-Loup avec quelques vers en prime ont mis à plat mes interrogations. La photo, oui, c'est moi qui l'ai faite.
Par hasard, elle est un résumé fidèle de ce premier mois d'hiver, j'y vois toutes mes réflexions, mes chargrins et mes envies, c'est comme ça que les choses arrivent, par hasard.


mercredi 15 janvier 2014

Est ce que ta mère elle met du moelleux dans le plié?




  Une année qui commence sous le signe du dynamisme et de la bonne humeur. Inspirée, motivée, vous mettez de l'énergie dans votre travail et comprenez comment faire votre miel de tout. Mangez des agrumes pour ne pas vous affaler dans une si belle lancée!
C'est un début d'article qui se déguise en horoscope de type Astro Love 2014, j'ai une tendance à l'humour, entre minuit et 22h chaque jour.

  Ainsi une année nouvelle est en marche, le cadran des chiffres défile à une vitesse qui parait excessive mais qui, je vous le jure, n'est autre que le cycle naturel des choses. On découpe une année en 365 jours, une heure en 60 minutes, tout ça on le sait, et je ne comprends pas bien cette pâmoison dans laquelle on s'embourbe au commencement de chaque nouvelle année. Oui, je suis déjà aigrie (et verte) à mon âge. Ou clairvoyante... je ne sais pas du tout.
Toujours est il qu'effectivement, le mois de janvier annonce l'entame de la deuxième partie de mon année scolaire. Je l'aborde avec un certain entrain, une envie féroce d'évoluer dans la danse, progresser, avancer, tous ces verbes là. J'ai surtout une trouille bleue (Klein, hinhin) de me vautrer qui me pousse à bouger mon fessard Jenniferlopezien. Je parle de "faire son miel de tout" à répétition, mais c'est ce que je suis forcée de faire et ça me fait avancer. Tout ne me plait pas mais j'ingurgite, je digère, je trie, j'intègre. Encore une liste de verbes (j'essaie d'être à la mode littéraire).
Telles sont mes réflexions de danseuse en devenir (allez, faut y croire!). Je ne parle pratiquement que de ça sur cet espace, et je n'ai pas fini. C'est pour tous ceux qui disent ou pensent "parce que tu appelles ça du travail?" et s'esclaffent.



aparté:
Cet hiver, l'album à écouter emmitouflé dans un peignoir rose, avec un thé vert, un chat blanc et un garçon à l'oeil amoureux, c'est Horizons, dans lequel Bertrand Cantat sort pudiquement de l'ombre. Si vous n'avez pas tous ces accessoires, vous pouvez quand même l'écouter mais ce sera certainement moins bien. Au cas où, je ne prête pas les miens. Ces morceaux me bercent, m'émeuvent, transforment les moments de farniente en promenade. Mais... j'vous raconte ma vie.